Les enfants trouvés
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Dans l'antiquité, plusieurs peuples donnaient au père droit de vie et de mort sur ses enfants , et chez aucune nation on ne recueillait les enfants délaissés par leurs parents.
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Sous l'ancien régime
Le christianisme a ouvert en leur laveur les premiers asiles. On plaçait ordinairement a la porte des églises des coquilles de marbre où l'on déposait les enfants abandonnes. L'enfant ainsi recueilli à la porte du temple était élevé par les soins de l'archidiacre aux frais de l'église, à moins qu'il ne se trouvât quelque fidèle qui voulût s'en charger. Dès le VIIe siècle, un évêque d'Angers fonda un hospice pour les enfants délaissés. Au Xe siècle , il se forma en Bourgogne une congrégation religieuse pour les recueillir et les élever. En 1070, l'ordre du Saint Esprit s'établit à Montpellier dans le même but et fonda un hospice en 1180. Marseille et Paris imitèrent cet exemple. A Paris surtout, plusieurs établissements s'organisèrent sous les noms d'hôpitaux des Enfants-Bleus , des Enfants-Rouges, d'après le vêtement que portaient les enfants qu'on y recueillait. Cependant jusqu'au XVIIe siècle, malgré les arrêts multiplies des parlements, le sort des enfants trouvés était déplorable. Beaucoup restaient abandonnés sur la voie publique et y périssaient misérablement. En 1636, une veuve charitable fonda une maison de couche ; mais après sa mort les enfants qu'on y portait étaient souvent vendus à des vagabonds. Enfin , en 1638, Saint Vincent de Paul forma une association qui. grâce à son zèle. prit de vastes développements Elle se propagea dans les provinces; et les Hôtels Dieu, dotés par la charité privée et publique , reçurent un grand nombre d'enfants abandonnés.
Epoque moderne
La révolution mit au nombre des charges publiques les dépenses des enfante trouvés. Une loi de la Convention des 28 juin - 8 juillet 1793 organisa les secours pour les indigents, les vieillards et les enfants abandonnés. Une autre loi du 17 décembre 1786 (21 frimaire an v) ordonna que les enfants trouvés fussent reçus et élevés gratuitement dans tous les hospices civils de la république. Peu de temps après parut un règlement qui prescrivait de faire élever ces enfants dans les campagnes par des nourrices placées sous la surveillance de l'autorité qui leur payait une indemnité, on devait ensuite placer les enfants chez des manufacturiers ou des cultivateurs pour pour faire apprendre un état. Plusieurs lois perfectionnèrent cette organisation. Un décret du 19 janvier 1811 établit dans chaque hospice un tour destine à recevoir les enfants trouvés, et ordonna de tenir un registre qui devait constater l'époque précise où ils auraient été déposés et les circonstances qui pourraient un jour les faire reconnaître. Enfin un règlement du б février 1823 est entré dans les détails les plus minutieux pour l'admission des enfants dans les hospices, leur placement chez des nourrices, la mise en apprentissage, le payement des dépenses, la tutelle, la reconnaissance et la réclamation des enfants trouvés. Depuis celle époque on n'a cessé de s'occuper d'une question qui intéresse à un si haut degré la charité et la moralité publiques. A la fin de 1847, le ministre de l'intérieur (Charles Marie Tanneguy Duchâtel) réunit une commission pour discuter les importants problèmes qui s'y rattachent et qui ne sont pas encore entièrement résolus.[1]
Source
- ↑ Dictionnaire historique des institutions: mœurs et coutumes de la France Par Adolphe Chéruel
